Inévitables ! Figures super-héroïques africaines-américaines, 1970-2023

Du 18 juillet au 4 novembre 2024

Contenu

Inévitables ! Figures super-héroïques africaines-américaines, 1970 - 2023

Du 18 juillet au 4 novembre 2024

Le succès du comics et du format particulier que le terme décrit, une brochure de 32 pages s’émancipant du journal et constituant ainsi un produit de consommation culturelle bon marché accessible à un jeune lectorat, est indissociable de Superman, dont la création en 1938 par Jerry Siegel (1914-1996) et Joe Shuster (1914-1992) marque le début de l’âge d’or du comics aux États-Unis. Le style de dessin qui idéalise le corps du super-héros, dont Superman représente l’archétype, contraste alors avec l’utilisation de représentations caricaturales à effet comique pour signifier la présence africaine-américaine dans les comics de super-héros, codifiant et renforçant l’idée d’une subordination du second vis-à-vis du premier. Ces caricatures rendent alors difficile l’identification d’un lectorat africain-américain assidu mais marginalisé, qui comprend très bien que le comics, s’il s’adresse aux enfants, est également un espace de discussion de problèmes sociaux réels. Cette inégalité dans les représentations, qui reflète la place attribuée par une société ségrégationniste aux citoyens africains-américains avant les victoires pour les Droits Civiques des années 50 et 60, va avoir pour effet de retarder la création de figures super-héroïques africaines-américaines et décaler leur entrée dans l’âge d’or, qui s’effectuera en 1966 à la création de Black Panther par Stan Lee (1922-2018) et Jack Kirby (1917-1994). S’ensuivront vingt ans de représentations toujours marquées par les stéréotypes mais témoignant d’une amélioration due à la possibilité pour des artistes africains-américains d’intervenir sur des personnages de couleur. C’est l’émergence à la fin des années 80 de toute une génération de cartoonistes africains-américains qui va permettre à la figure super-héroïque africaine-américaine de passer, pour citer le scénariste Dwayne McDuffie (1962-2011), « d’invisible à inévitable ».

  • Commissaire : Mehdi Ameziane, bibliothécaire - chargé d’acquisitions à la médiathèque du musée du quai Branly - Jacques Chirac.

Sommaire :

Les Années 70 - 80

Les années 70 et 80 sont marquées par Firmatum et Paleas circumstetere petivere discrimine usque sine nec ubi locum geri commentum maiora cuniculis in defendentibus subigente distribui nec geri commentum circumstetere letali ipsa Paleas postrema petivere per discrimine.

1er panneau : Un hymne kryptonien

 « Superman n’a jamais sauvé d’Africains-Américains » / « We’re hip to the fact that Superman never saved no black people » : On peut rapporter la déclaration du Black Panther Bobby Seale (1936-) scandée lors du procès des huit de Chicago en 1968 puis reprise par l’artiste Barkley L. Hendricks (1945-2017) en 1969 pour sous-titrer sa peinture Icon for my man Superman, à l’invisibilisation des Africains-Américains dans les comics mettant en scène Superman, vu ici comme le symbole de la Nation et le représentant d’un pouvoir volontiers oppressif. Elle pose également la question de la place du citoyen africain-américain lorsqu’il est exclu d’une production culturelle populaire considérée comme un élément typique de l’identité américaine.   Là où Marvel Comics inclut dès le milieu des années 60 des personnages africains-américains, simples figurants ou super-héros à part entière, tel Black Panther en 1966, DC comics semble beaucoup moins à l’aise et va tâtonner durant des années, trahissant un retard notable sur son concurrent en matière d’intégration. En 1971, DC introduit enfin des Kryptoniens de couleur et leur créé une île, Vathlo, sur la planète natale de Superman. Pour intégrer des super héros africains-américains dans ses comics, DC va dès lors préférer s’en remettre à des formules qui ont fait leur preuve auprès du grand public, qu’elles soient propres à l’histoire du comics, ou venant d’ailleurs, avec une volonté affichée parmi l’équipe éditoriale de ne pas froisser un lectorat déjà établi et de trouver le bon équilibre entre viabilité économique, conquête du lectorat africain-américain et une pertinence sociale et politique qu’ils sont en train de perdre face à leur concurrent dans le domaine du comics de superhéros, Marvel. Par exemple, l’épisode contant la transformation de Lois Lane en Africaine-Américaine pour les besoins d’un reportage dans le quartier ségrégé de Little Africa à Metropolis est directement inspiré par les livres Black Like Me (1961) du sociologue John Howard Griffin (1920-1980) et surtout Soul Sister (1969) de la journaliste Grace Halsell (1923-2000).

« Superman n’a jamais sauvé d’Africains-Américains »

The Blue, the Green and the Black :  Le comics Green Lantern & Green Arrow, Hard-Travelling Heroes publié en 1970, de Denis O’Neil (1939-2020) et Neal Adams (1941-2022), prend la forme d’une traversée des Etats-Unis rythmée par les fréquentes disputes politiques opposant un superhéros conservateur (Green Lantern) et un superhéros libéral (Green Arrow), confrontés à l’état social du pays. Le monologue reproduit en couverture de cette édition de poche préfacée par l’écrivain de fiction spéculative Samuel R. Delaney (1942-), critique directement la tendance des récits de science-fiction en général et ceux des comics en particulier à traiter des questions raciales aux Etats-Unis de manière allégorique en les transposant sur des figures extra-terrestres ou mutantes pour éviter de les aborder de front.

The Blue, the Green and the Black

Confrontations en noir et blanc : Il existe aux États-Unis une tradition du dessin de presse représentant des adversaires politiques s’affrontant sur un ring, façon de signifier que la boxe est plus que l’antagonisme de deux participants et que le ring constitue un espace dans lequel des préoccupations nationales à propos du pouvoir et de la citoyenneté s’expriment.  Le combat entre Mohamed Ali (1942-2016) et Superman s’inscrit parfaitement dans cette tradition. Alors que Superman constitue un modèle d’intégration, souvent montré en étroite relation avec le pouvoir politique américain, Ali, inspiré par Malcolm X, se convertit à la religion musulmane et adhère à la Nation of Islam en 1964. Quand Ali résiste à son incorporation et se prononce ouvertement contre la guerre au Vietnam et se voit retirer sa licence de boxeur par la commission athlétique de New York en 1967, Superman part combattre en Asie du Sud-Est dans Superman #216 publié en 1969. Les couvertures de comics chez DC dans les années 70 et 80, si elles n’en reflètent pas toujours le contenu, jouent sur un antagonisme laissant toujours planer le doute quant aux intentions et à la place du super-héros africain-américain, tantôt ambiguës (Nubia, Vixen), tantôt ouvertement belliqueuse (Tyroc), face à un super-héros représentant la justice et défendant une philosophie universaliste qui ignore la Couleur.

Confrontations en noir et blanc

Ligne de Genre(s) : Dans les années 40, le lectorat des comics de superhéros se distribue paritairement entre filles et garçons. L’émergence de nouveaux genres au milieu des années 40, et alors que les comics de superhéros perdent les grâces du lectorat, va considérablement fragmenter ce dernier en le redistribuant entre comics policiers, d’épouvantes ou romantiques. Cette redistribution va perdurer au moment du regain d’intérêt pour les superhéros dans les années 60, lorsque Marvel et DC font le choix de s’adresser uniquement aux lecteurs masculins. Les magasins spécialisés qui vont finir par remplacer les kioskes à partir du début des années 70 vont également devenir des lieux de sociabilité essentiellement masculins peu accueillant pour les lectrices. Marvel et DC Comics, en s’adressant à un lectorat majoritairement masculin et euro-américain, vont entériner artificiellement une hyper masculinisation des comics de superhéros , renforçant des stéréotypes de genre qui ne favoriseront ni l’ouverture des éditeurs aux autrices, à l’exception devenue traditionnelle dans les années 70 des coloristes, ni la fidélisation d’un lectorat féminin sur l’ensemble de leurs titres, ni la création de super-héroïnes. Cela compliquera d’autant plus l’émergence de super-héroïnes de couleur qui demeurent historiquement moins nombreuses que leurs homologues masculins et aussi marquées par les stéréotypes. Insérées au sein de différentes équipes de super-héros et isolées de tout contexte, historique et culturel, africain-américain, aucune héroïne ne possède sa propre série. Celle où Vixen devait tenir le rôle-titre fait partie des trente comics annulés par DC à la suite de son implosion en 1978. Le personnage réapparaît en 1981 dans un épisode de Superman. La série scénarisée par Dwayne McDuffie (1965-2011) et mettant en scène Captain Marvel est stoppée après deux numéros. Même si des scénaristes euro-américaines comme Louise Simonson (1946-), Mary Jo Duffy (1954-) ou Kim Yale (1953-1997ont pu finir par s’imposer dans les années 80, le constat pour les autrices africaines-américaines en dit long sur l’industrie du comics de super-héros : Angela Robinson (1971-), Felicia D. Henserson (1961-) et Yona Harvey (1974-) seront respectivement en 2009 et 2016 les premières Africaines-Américaines à scénariser des comics pour DC et Marvel.

Ligne de Genre(s)

We Travel the Spaceways : L’éditeur EC Comics, créé en 1944 par Max Gaines (1894-1947), s’inscrit dans une Histoire plus large de représentations positives qui vont tenter de dépasser les stéréotypes d’Africains Américains habituellement présents dans la bande dessinée grand public. Publié pour la première fois en 1953 dans la revue Weird Fantasy, Judgment Day d’Al Feldstein (1925-2014) et Joe Orlando (1927-1998) s’écarte du réalisme social des récits habituels de l’éditeur dénonçant le racisme pour embrasser la fiction spéculative et ses motifs et joue sur le choc du dénouement et du démasquage du héros pour introduire une figure d’autorité inattendue et controversée pour l’époque.  Tarlton, astronaute de demain, émissaire galactique venu juger de la ségrégation entre robots bleus et oranges, se déplace librement aux confins de l’univers alors même que la communauté africaine-américaine voit réellement sa mobilité limitée dans l’Amérique de Jim Crow et son espace résidentiel confiné à des zones ségrégées. Parce que la révélation de l’identité de Tarlton a marqué toute une génération de lectrices et lecteurs, les motifs conjoints de l’astronaute africain-américain et du héros cachant/révélant son visage vont constituer le meilleur procédé pour introduire des super héros de couleur. Mal Duncan s’engageant dans un voyage spatial solitaire pour impressionner les Teen Titans, James Rhodes remplaçant Tony Stark dans le rôle d’Iron Man et Black Manta, révélant son visage neuf ans après sa création, sont parmi ceux qui rejoueront ce moment clé de l’Histoire africaine-américaine des comics.

We Travel the Spaceways

Liste des comics exposés dans le 1er panneau :

  • Cary Bates (1948-), Mike Grell (1947-) : Superboy and the Legion of Super-Heroes #216, 1976, États-Unis, Papier/Collection Particulière ;
  • Denis O’Neil (1939-2020), Neal Adams (1941-2022) : Superman Vs. Muhammad Ali, 1978, États-Unis, Papier/N-Z-115557 ;
  • Cary Bates (1948-), Don Heck (1929-1995), Nick Cardy (1920-2013) : Wonder Woman #106, 1973, États-Unis, Papier/N-Z-115559 ;
  • Chris Claremont (1950-), Barry Windsor-Smith (1949-) : The Uncanny X-Men (Vol.1) #198, 1985- États-Unis, Papier/Collection Particulière ;
  • Chris Claremont (1950-), Len Wein (1948-2017), Dave Cockrum (1943-2006), Arthur Adams (1963-) : Classic X-Men #3, 1986, États-Unis,Papier/Collection Particulière ;
  • Len Wein (1948-2017), Marv Wolfman (1946-), Neal Adams (1941-2022), Nick Cardy (1920-2013) : Teen Titans (Vol.1) #20, 1969, États-Unis, Papier/Collection Particulière ;
  • Gerry Conway (1952-), Curt Swan (1920-1996), Ross Andru (1927-1993) : Action Comics (Vol.1) #521, 1981, États-Unis, Papier/Collection Particulière ;
  • John Ostrander (1949-), Luke McDonnell (1959-), Jerry Bingham (1953-) : Suicide Squad #10, 1988, États-Unis, Papier/N-Z-115561 ;
  • Dwayne McDuffie (1962-2011), Mark D. Bright (1955-) : Giant Size Special Captain Marvel #1, 1989, États-Unis, Papier/N-Z-115562 ;
  • Denys O’Neil (1939-2020), Neal Adams (1941-2022) : Green Lantern & Green Arrow #1, 1972, États-Unis, Papier, carton/N-Z-115563 ;
  • John Howard Griffin (1920-1980) : Black Like Me, 1972, Royaume-Uni, Carton, Papier/Collection Particulière ;
  • Grace Halsell (1923-200), Soul Sister, 1968, États-Unis, Carton, Papier/Collection Particulière ;
  • Robert Kanigher (1915-2002), Werner Ross (1921-1973), Curt Swann (1920-1996) : Superman’s Girlfriend Lois Lane #106, 1970, États-Unis, Papier/N-Z-115558 ;
  • Robert Kanigher (1915-2002), Nick Cardy (1920-2013) : Teen Titans (Vol.1) #26, 1970, États-Unis, Papier/Collection Particulière ;
  • Bob Rozakis (1951-), Bob Brown (1915-1977), Rich Buckler (1949-2017) : Teen Titans (Vol.1) #47, 1977, États-Unis, Papier/Collection Particulière ;
  • Steve Keates (1943-2023), Jim Aparo (1932-2005), Nick Cardy (1920-2013) : Aquaman #42, 1968, États-Unis, Papier/Collection Particulière ;
  • David Michelinie (1948-), Jim Aparo (1932-2005) : Adventure Comics #452 starring Aquaman, 1977, États-Unis, Papier/Collection Particulière ;
  • Denny O’Neil (1939-2020), Luke McDonnel (1959-) : Iron Man #170, 1983, États-Unis, Papier/N-Z-115573 ;
  • Mark Godfrey (19..-), Zoe Whitley (1979-), Barkley L. Hendricks (1945-2017) : Soul of a Nation : Art in the Age of Black Power, 2017, Royaume-Uni, Carton, Papier/N-B-016196 ;
  • Grant Geisman (1953-) : The History of EC Comics, 2020, Allemagne, Carton, Papier/BD GEN GEI (1).

Liste des Comics exposés dans le 1er panneau

2e panneau : Exploitation

Des Héros pour ceux qui n’avaient pas de héros : L’introduction de super-héros africains-américains dans les comics de Marvel et DC, tous inventés puis scénarisés par des auteurs européens-américains, se fait en corrélation avec la vague de films Blaxploitation des années 70, Shaft de Gordon Parks (1912-2006) et Sweet Sweetback ‘s Baadaass Song de Melvin Van Peebles (1932-2021) en tête.  Ces films, s’ils permettent un renouvellement de la figure du héros africain-américain en même temps qu’ils visent un spectatorat plus diversifié, n’en perpétuent pas moins les stéréotypes qui y sont historiquement attachés en les exploitant sous une forme spectaculaire. Luke Cage, Black Lightning, Cyborg, Black Goliath et Blade et leurs costumes emblématiques surjouent ainsi leur rôle de héros macho en colère et constituent l’archétype du super-héros d’inspiration Blaxploitation transposé sur papier et en quadrichromie, une image figée du super-héros africain-américain. Pourtant, ces personnages sont suffisamment enracinés dans l’expérience africaine-américaine pour que des générations de lecteurs et lectrices, futurs cartoonistes qui citent volontiers les comics de Luke Cage comme influence majeure, développent un attachement à des personnages dont la réhabilitation va s’avérer fondamentale pour la culture populaire noire américaine.  Arbitrairement incarcéré, sacrifiant son intégrité physique à une expérience scientifique qu’il marchande contre sa liberté, l’histoire d’origine de Luke cage trahit la cruauté bien réelle du complexe carcéral américain à l’encontre des citoyens africains-américains.

Des Héros pour ceux qui n’en n'avaient pas

Sidekicks : Historiquement, le rôle de partenaire a toujours été attribué à un personnage plus jeune que le héros principal, renforçant le statut de subordonné du premier tout en consolidant le rôle de mentor du second et offrant au jeune lectorat un modèle auquel s’identifier. Cette dynamique est problématique dans le cas d’un sidekick africain-américain. Les premiers personnages africains-américains à apparaître dans des comics de superhéros, Ebony White dans The Spirit de Will Eisner (1917-2005) en 1940, Whitewash Jones dans Young Allies de Joe Simon (1913-2011) et Jack Kirby (1917-1994) en 1941 et Steamboat dans Captain Marvel de CC Beck (1910-1989) en 1942, sont des caricatures dont les attributs grotesques sont utilisés pour marquer leur infériorité et leur absence d’héroïsme. L’élimination progressive des stéréotypes les plus préjudiciables n’empêche pas leur résurgence sous des formes déguisées. Même s’ils ont bénéficié durant un temps de leur propre série, les super héros africains-américains les plus importants, Luke cage, Falcon et Black Lightning, sont essentiellement connus comme partenaires de super héros euro-américains. En 1986, Mark Gruenwald (1953-1996) crée le personnage de Lemar Hoskins comme partenaire du nouveau Captain America. Introduit dans le #334 sous le nom de Bucky, une adresse particulièrement insultante pour un homme adulte africain-américain signifiant petite brute, et affublé du costume du Bucky d’origine, un adolescent, Lemar Hoskins change officiellement de nom et de costume dans le #341 et devient Battlestar sous la pression de lecteurs africains-américains mécontents.

Sidekicks

Liste des Comics exposés dans le 2e panneau :

Steve Englehart (1947-), Billy Graham (1935-1999), George Tuska (1916-2009) : Luke Cage, Hero for Hire #7, #14, #15, 1972-1973, États-Unis, Papier/N-Z-115564 à N-Z-115566 ; Chris Claremont (1950-), Tony DeZuniga (1932-2012), Gray Morrow (1934-2001) : Marvel Preview #3 Presents Blade, 1975, États-Unis, Papier/N-Z-115571 ; Len Wein (1948-2017), Gil Kane (1926-2000), Gene Colan (1926-2011 : Strange Tales Featuring Brother Voodoo #172, 1973, États-Unis, Papier/N-Z-115568 ;  Christopher Priest (1961-), Mark D. Bright (1955-2024), Paul Smith (1953-) : Falcon #1-#3, 1983, États-Unis, Papier/N-Z-115575 à N-Z-115577 ; Tony Isabella (1951-), Trevor Van Eeden (1959-), Rich Buckler (1949-2017) : Black Lightning #3, #7 et #8, 1977-1978, États-Unis, Papier/N-Z-115572 et Collection Particulière ; Marv Wolfman (1946-), Gene Colan (1926-2011) : The Tomb of Dracula #42, 1975, États-Unis, Papier/N-Z-115574 ;  Chris Claremont (1950-), Rich Buckler (1945-2017), Keith Pollard (1950-), Gil Kane (1926-2000) : Black Goliath #4 et #5, 1976, États-Unis, Papier/N-Z-115569 et N-Z-115570 ; Paul Kupperberg (1955-), Dick Giordano (1932-2010), Jim Aparo (1932-2005) : The Brave and the Bold #163, 1980, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Ed Hannigan (1951-), Lee Elias (1920-1998), Keith Pollard (1950-) : Power Man and Iron Fist #54, 1978, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Mike Friedrich (1949-), Sal Buscema (1936-), John Romita (1930-2023) : Captain America and the Falcon (Vol.1) #171, 1974, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Mark Gruenwald (1953-1996), Tom Morgan (1964-), Mike Zeck (1949-) : Captain America (Vol.1) #334, 1987, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Mark Gruenwald (1953-1996), Kieron Dwyer (1967-), Ron Frenz (1960-) : Captain America (Vol.1) #341, 1988, États-Unis, Papier/N-Z-115579 ; Bill Mantlo (1951-), Larry Stroman (1961-) : Cloak and Dagger, 1988, États-Unis, Papier, carton/N-Z-115588.

Liste des Comics exposés dans le 2e panneau

3e panneau : l’avènement de la Panthère Noire

Crises sur les Mondes (pas si) Infinis : événement éditorial croisant plusieurs séries et devant permettre de justifier narrativement l’élimination des personnages les moins vendeurs du catalogue DC, Crisis on Infinite Earths de Marv Wolfman (1946-) et George Pérez (1954-2022) met en scène l’intégralité du panthéon de l’éditeur. Sur les 180 super-héros représentés sur cette double page du numéro #5 de la série en août 1985, seulement 4 sont africains-américains. Incidemment, le nombre d’artistes et surtout de scénaristes africains-américains est au diapason en 1985 : si on peut compter les dessinateurs Billy Graham (1935-1999), le pionnier à partir de 1972 sur les séries Luke Cage et Black Panther, suivi de Ron Wilson (19..-) sur Power Man et Keith Pollard (1950-) sur Black Goliath à partir de 1974 chez Marvel, puis Trevor Van Eeden (1959-) sur Black Lightning chez DC à partir de 1977 et Denys Cowan (1961-) à partir du début des années 80, Christopher J. Priest (1961-) sera le tout premier scénariste africain-américain à travailler sur une série de super-héros avec  la mini-série The Falcon en 1983.

Crises sur les Mondes (pas si) Infinis

Retcon et Amazing Man :  Roy Thomas (1940-) est le premier scénariste de comics à introduire dans le courrier des lecteurs de la série All-Star Squadron le terme de Retcon ou continuité rétroactive, c’est-à-dire le procédé narratif consistant à modifier un récit en introduisant de nouveaux éléments ou en en altérant d’anciens afin d’en changer la continuité. Dans les numéros 38 à 40 d’All-Star Squadron parus en 1984, Thomas modifie ainsi la continuité de l’Univers DC Comics en introduisant en 1943 un superhéros africain-américain nommé Amazing Man, dont les super-pouvoirs se manifestent au cours d’une tentative de lynchage par un groupe suprémaciste nommé the Phantom Empire. Le récit prend pour toile de fond les émeutes réelles de Detroit, déclenchées par l’opposition violente de résidents blancs à l’emménagement de citoyens africains-américains et met en scène l’incapacité de l’escadron des étoiles à prendre parti dans le conflit. Le scénariste pointe ainsi l’ambiguïté de la position politique d’équipes de super-héros comme la Ligue de Justice, partis combattre le fascisme en Europe mais qui s’avèrent incapables d’agir localement contre la ségrégation aux États-Unis.

Retcon et Amazing Man

The Panther & The Lash : Les comics ne manquent pas d’organisations de super vilains suprémacistes que ce soit l’Hydra (1965), les Sons of the Serpent (1966), ou The Phantom Empire (1984) mais c’est la première fois qu’un superhéros de comics, si on fait abstraction d’une série radiophonique diffusée en 1946 dans laquelle Superman combat le KKK, s’oppose frontalement à une version non maquillée du Ku Klux Klan, à la grande inquiétude du dessinateur des épisodes, Billy Graham. Si la publication à partir de 1973 de la série dans laquelle Black Panther joue pour la première fois le rôle-titre depuis sa création en 1966 est concomitante pour les africains-américains à plus de visibilité dans les médias et la culture populaire, depuis le cinéma jusqu’à la télévision en passant par la mode, la politique et le sport, elle se fait également sur fonds de résurgence de l’organisation raciste aux Etats-Unis sous la houlette de David Duke (1950-). L’ex néo-nazi en prend la direction en 1974 et entreprend de la rendre présentable et respectable auprès des médias en atténuant sa rhétorique haineuse habituelle. Confronté à l’organisation raciste dans the Panther Vs the Klan, à une guerre civile dans Panther’s Rage ou à un régime assimilable à celui de l’Apartheid dans Cry the Accursed Country, plus qu’un superhéros, le personnage de Black Panther va devenir le vecteur idéal pour discuter de problèmes sociaux et politiques touchant aussi bien les Etats-Unis que le continent Africain. En parallèle, le personnage va acquérir une certaine épaisseur psychologique à mesure que sa vie privée et ses relations se développent, que ce soit avec sa mère Ramonda ou sa future épouse Ororo Munroe alias Storm des X-Men.

Jungle Action et les frontières du Wakanda : Dans les années 50, les récits publiés dans la première série du comics Jungle Action, essentiellement inspirés par Tarzan, multiplient les motifs coloniaux. La seconde série, réintroduite par Marvel au début des années 70 dans le but avoué d’occuper les rayonnages des kiosques face aux concurrents, consiste en rééditions de ces vieilles histoires jusqu’à ce que Don McGregor se propose d’y scénariser Black Panther dans son premier récit indépendant. Loin des aventures américaines de Black Panther au sein des Avengers, The Panther’s Rage se déroule au Wakanda avec une galerie de protagonistes uniquement africains et se focalise sur le rôle de roi de T’Challa. Don McGregor conçoit alors l’espace des pages de Jungle Action comme un endroit à protéger des incursions d’une imagerie coloniale qui s’incrusterait aux côtés de sa version de Black Panther : s’il n’occupe pas l’intégralité de la revue avec ses aventures, les éditeurs chez Marvel sont susceptibles d’y glisser des récits issus d’anciens numéros du titre ouvertement racistes qui invalideront son message. Cette occupation de l’espace se matérialise par l’enrichissement du folklore entourant le Wakanda : cartes, notices historiques. En investissant ainsi les pages de Jungle Action, McGregor développe l’univers autour d’un pays imaginaire africain réputé pour sa résistance à la colonisation.

Jungle Action et les frontières du Wakanda

Liste des comics exposés dans le 3e panneau :

Roy Thomas (1940-), Rick Hoberg (1952-) : All-Star Squadron #38-#40, 1984, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Don McGregor (1945-), Billy Graham (1935-1999), John Romita (1930-2023), Rich Buckler (1945-2017) : Jungle Action Featuring the Black Panther #19, #20, #21, 1976, États-Unis, Papier/N-Z-115580 à N-Z-115582 ; Don McGregor (1945-), Dwayne Turner (19..-) : Black Panther : Panther’s Prey #1-#4, 1991, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Peter B. Gillis (1952-), Denys Cowan (1961-) : Black Panther: Cry the Accursed Country #1-#4, 1988, États-Unis, Papier/N-Z-115583 à N-Z-115586 ; Chris Claremont (1950-), John Byrne (1950-) : Marvel Team-Up #100, 1980, États-Unis, Papier/N-Z-115587 ; Marv Wolfman (1946-), George Pérez (1954-2022) : Crisis on Infinite Earths, 2016, France, Carton, Papier, BD AMN PER (3) ; Don McGregor (1945-), Rich Buckler (1945-2017), Billy Graham (1935-1999) : Black Panther : l’Intégrale 1966-1975, 2018, France, Carton, Papier/BD AMN GRA Vol.1 (2).

Liste des comics exposés dans le 3e panneau :

Façade Est : Les années 90

1er panneau : Street Cred Vs Sellout

Des super-héros par et pour les Africains-Américains :

Si on considère l’auto-détermination économique comme l’une des composantes essentielles du Black Power, on conçoit l’importance de l’émergence d’éditeurs de comics africains-américains se faisant une mission de toucher un lectorat désirant être représenté positivement et constituant de surcroît un marché potentiel. En d’autres termes, mêler la recherche de ce que l’on peut qualifier d’une esthétique du super-héros africain-américain à un projet économique. Historiquement, les éditeurs de comics par et pour des Africains-Américains sont rares En 1994, le magazine Black Enterprise estime que les minorités constituent 30% du lectorat des comics. En en prenant bonne note, les principaux éditeurs remettent en avant d’anciens super-héros et en créent de nouveaux. Mais la véritable innovation viendra d’éditeurs africains-américains. Outre Big City Comics, créé en 1992 par les frères Dawud Anyabwile (1965-) et Guy A. Sims (1961-) qui font alors office de pionniers, Ania (se défendre en swahili) créé par Eric Griffin (19..-) et surtout Milestone Comics, créée en1993 par  Dwayne McDuffie (1962-2011), Denys Cowan (1961-), Michael Davis (1958-) et Derek Dingle (1961-), proposent de nouvelles séries mettant en scène des super-héros issus des minorités. Si Big City Comics et Ania Comics mettent un point d’honneur à garder leur indépendance en contrôlant la production de leurs comics et visent un lectorat essentiellement africain-américain, Milestone Comics nourrit d’autres ambitions. Dans un geste sans précédent dans l’histoire du comics, DC comics s’occupe de la fabrication, de la promotion et de la distribution des comics produits par Milestone Comics et permet à l’éditeur indépendant de vendre plus de 3,5 millions de comics en 1993. Même si les ventes déclinent à la fin des années 90, ces éditeurs vont exercer une influence sur la politique de gros éditeurs comme Marvel Comics et DC Comics quant à leur approche des lectrices et lecteurs africains-américains. Ces éditeurs favoriseront l’engagement de cartoonistes africains-américains avec l’idée que la diversité des super-héros passe par la diversification des artistes et scénaristes qui les dessinent.

Des super-héros par et pour les Africains-Américains

L’Âme du Peuple Cyborg : Dépossédé de son corps par son employeur, l’esprit du scientifique et pacifiste Michael Collins est transféré dans une machine à tuer, spécialisée dans les opérations clandestines, sur laquelle il n’a aucun contrôle mais dont il va finir par maîtriser l’intelligence artificielle et lui imposer sa manière non violente de résoudre les conflits. Avec Deathlok, Dwayne McDuffie (1962-2011) choisit d’investir et réviser un personnage marginal de l’univers Marvel, créé en 1974 par Doug Moench (1948-) et Rich Buckler (1948-2017), le transformant au passage en Africain-Américain ce qui va lui permettre de parer à toute tentative de fétichisation du corps de son superhéros. Deathlok est une figure grotesque éloignée du superhéros traditionnel, remix à la croisée des genres de la science-fiction et de l’horreur : un cyborg dont la moitié humaine est un zombie se décomposant inexorablement, manifestation de la volonté l’auteur de s’éloigner du genre super-héroïque tout en admettant ses frontières et ses limitations.  En plus d’illustrer l’idée de double conscience du sociologue W.E.B. Du Bois (1868-1963) que McDuffie cite directement dans le comics, à travers l’expérience de Collins, déraciné de son propre corps et de sa vie de famille, se profile l’idée de la fragilité de la liberté des citoyens africains-américains.

L’Âme du Peuple Cyborg

Liste des Comics exposés dans le 1er panneau (de la façade Est) : Dawud Anyabwile (1965-), Guy A. Sims (1961-) : Brotherman, Dictator of Discipline #1, #2, #5, 1990, États-Unis, Papier/N-Z-115519 à N-Z-115522 ; Dwayne McDuffie (1962-), Butch Guice (1961-), Joe Cusko (1959-), Bill Sienkiewicz (1958-), Denys Cowan (1960-), Kent Williams (1962-) : Deathlok (Vol.1) #1 à #4, 1990, États-Unis, Papier, carton/Collection particulière ; Washington Alonzo (1967-), Anthony Jappa ( 19..-) : Dark Force #1, 1992, États-Unis, Papier/N-Z-115523 ; Washington Alonzo (1967-), Palmer Talley ( 19..-) : The Mighty Ace ! #1, 1992, États-Unis, Papier/N-Z-115524 ; Washington Alonzo (1967-), Anthony Jappa (19..-) : Original Man #1, 1992, États-Unis, Papier/N-Z-115525 ; Roosevelt Pitt Jr. (19..-), Bill Hobbs (19..-) : Purge #0, 1993, États-Unis, Papier/N-Z-115530 ; Turtel Onli (1952-) : Malcolm-10, 1992, États-Unis, Papier/N-Z-115527 ; Kirk Lindo ( 19..-), Denys Cowan (1961-) : Rescueman #1, 1992, États-Unis, Papier/N-Z-115528 ; James Brunson (19..-), Darrell Williams (19..-), Don Hillsman (1965-) : Numidian Force #4, 1991, États-Unis, Papier/N-Z-115529 ; Brent Dorian Carpenter (1964-2020), Georges Jeanty (1977-) : Paradigm #1, 1993, États-Unis, Papier/N-Z-115526 ; Eric Griffin (19..-), Steven X. Routhier (19..-) : Ebony Warrior #1, 1993, États-Unis, Papier/N-Z-115532 ; Roger Barnes (19..-) : Heru, Son of Ausar #1, 1993, États-Unis, Papier/N-Z-115533 ; Nabile P. Hage (1965-), John Ruiz (19..-), Steve Roman (19..-) : Zwanna, Son of Zulu #1, 1993, États-Unis/Collection Particulière.

Liste des Comics exposés dans le 1er panneau

2e panneau : « Nous n’avons pas le temps de vendre nos comics à l’arrière d’un camion »

Milestone Comics : À sa création en 1993, Milestone Comics se revendique comme partie intégrante d’une Renaissance de la culture populaire africaine-américaine dans laquelle s’insèrent aussi bien des musiciens comme le groupe Public Enemy que des cinéastes comme Spike Lee. Prenant exemple sur la cohérence des Univers Marvel et DC Comics, les séries de Milestone Comics se développent autour de la ville fictive de Dakota et du Big Bang, une action antigang de la police locale à l’origine des superpouvoirs d’une partie de la population. Les séries Icon, Static, Blood Syndicate et Hardware posent une question fondamentale : comment l’héroïsme conventionnel des superhéros est différent lorsqu’il est considéré du point de vue des minorités ? De Rocket, adolescente et future mère interrogeant l’incongruité de son corps dans le rôle hyperbolique de super-héroïne aux côtés d’Icon, extra-terrestre recueilli par une esclave au 19e siècle et dont l’origine renforce la nature alien des Africains amenés de force en Amérique, à Hardware et Static dont les pouvoirs passent par une maîtrise de l’ingénierie et du langage, les figures de Milestone éloignent les super-pouvoirs du nexus de la corporéité habituelle des super-héros africains-américains. Cette corporéité est critiquée directement à travers le personnage de Buck Wild, calqué sur Luke Cage, pensé comme le héros blaxploitation archétypique et considéré par Dwayne McDuffie comme ayant longtemps fait office de compromis représentationnel du super-héros africain-américain pour les éditeurs de comics de super-héros. Cette entreprise de déconstruction se fait sous les auspices d’une recherche esthétique revendiquée. Au centre de l’identité visuelle de Milestone Comics, immédiatement reconnaissable et moyen d’affirmer l’esthétique spécifique de ses comics alors qu’ils sont fabriqués et distribués par DC comics, se situe un procédé mis au point par l’artiste et coloriste américaine Noëlle Giddings (1965-) appelé Milestone 100 Color Process et qui permet un rendu fidèle des couleurs peintes à la main et une plus grande diversité dans le rendu des couleurs de peau dans une industrie qui a longtemps ignoré les nuances et coloriaient les personnages africains et africains-américains en gris.

Milestone Comics

LA92/ « Je parie que cela n’arrive jamais à Superman » :  Les relations entre la police et la communauté africaine-américaine sont historiquement marquées par la violence et la mort aux États-Unis. Dans les cas d’arrestation violente, la police motive souvent l’utilisation de la force létale en invoquant l’apparente invulnérabilité ou la force surhumaine dont font preuve les victimes. La situation face aux forces de l’ordre du superhéros africain-américain est donc paradoxale car le superhéros est, depuis Superman, traité dans les comics comme un citoyen exemplaire jouant le rôle d’auxiliaire de police. Rocket souligne l’ironie de la situation lorsque le duo atterrit au milieu d’une prise d’otage dans Icon #1. Parce qu’ils sont africains-américains, Icon et Rocket se voient renier leur statut super-héroïque malgré leurs superpouvoirs manifestes et leurs costumes signes de ce statut. Dans Punisher #60, Frank Castle, dans la peau d’un Africain-Américain à la suite d’une opération de chirurgie esthétique, fait l’expérience brutale d’une arrestation qui tourne à la bastonnade avant d’être secouru par Luke Cage, dans une représentation frontale qui est devenue typique des comics de l’époque et évocatrice de l’affaire Rodney King. Le personnage du Punisher, créé en 1974 par Gerry Conway (1952-), a entériné l’idée d’un certain type de vigilantisme ultra-violent parmi les forces de police américaines. Le crâne du Punisher est devenu l’emblème du mouvement Blue Lives Matter, réaction au mouvement Black Lives Matter contre les brutalités policières et les violences à l’encontre des citoyens africains-américains.Give Me Liberty or Give Me Death : Dans Give me Liberty, Frank Miller (1957-) et Dave Gibbons (1949-) travaillent contre la mythologie nationale officielle des États-Unis en choisissant comme figure idéalisée du patriotisme américain une héroïne africaine-américaine à mille lieux des stéréotypes habituellement plaqués sur les super-héroïnes de couleur et dépeinte comme participant activement à la construction de la Nation. Avec la supersoldate Martha Washington, les auteurs s’attaquent au paradoxe auxquels ont été historiquement confrontés les soldats africains-américains depuis la première guerre mondiale, lorsqu’en acceptant de combattre pour les États-Unis, révélant ainsi un attachement à des valeurs américaines de justice et d’équité, ils défendaient et représentaient des idéaux démocratiques qui leur étaient pourtant refusés en même temps que la citoyenneté.

LA92/ « Je parie que cela n’arrive jamais à Superman »

Liste des comics exposés (dans le 2e panneau de la façade Est) : Dwayne McDuffie (1962-2011), Denys Cowan (1960-), M.D. Bright (1955-2024), Arvell Jones (1952-) : Hardware #1, #9, #12, 1993-1994, États-Unis, Papier/N-Z-115534, N-Z-115536, N-Z-115633 ; Ivan Velez Jr. (1961-), JH Williams III (1965-), ChrisCross (1968-) : Blood Syndicate #7, 1993, États-Unis, Papier/N-Z-115537 ; Frank Miller (1957-), Dave Gibbons (1949-) : Give Me Liverty #1-4, 1990-1991, États-Unis, Papier/N-Z-115549 à N-Z-115552 ; Dwayne McDuffie (1962-2011), Denys Cowan (1960-), Mark D. Bright (1955-2024), Ron Wilson (19..-) : Icon #1, #4, #13, 1993-1994, États-Unis, Papier/N-Z-115539 à N-Z-115943 ; Robert L. Washington (1964-2012), Wilfred Santiago (1973-), John Byrne (1950-) : Static #13, 1994, États-Unis, Papier/N-Z-115589 ; Christopher J. Priest (1961-), ChrisCross (1968-) : Xero #7 et #8, 1997, États-Unis, Papier/N-Z-115553 et N-Z-115554 ; Gerard Jones (1957-), Cully Hamner (1969-), Keith Aiken (19..-), Gerard Jones (1957-) : Green Lantern Mosaic #5, 1992, États-Unis, Papier/N-Z-115567 ; Marcus McLaurin (1964-), Val Mayerik (1950-) : Punisher #60 et #61, 1992, États-Unis, Papier/N-Z-115545 et N-Z-115546 ; Ian Edington (1963-), Nick Napolitano ( ?-), Doug Wheatley (1950-) : Blade #6, 1994, États-Unis, Papier/N-Z-115547 ; Tony Isabella (1951), Eddy Newell (1957) : Black Lightning #1, 1995, États-Unis, Papier/N-Z-115548 ; Louise Simonson (1946-), Chris Batista (1970-), Jon Bogdanove (1958-) : Steel #3 et #9, 1994, États-Unis, Papier/N-Z-115555 et N-Z-115556.

Liste des comics exposés (dans le 2e panneau de la façade Est)

Façade sud : les années 2000

1er panneau : Black Panther Forever (and ever)

Le mariage du siècle : Concrétisation d’une relation « retconisée » dans les années 80 et remontant dorénavant à l’enfance des deux personnages, le mariage entre Storm et Black Panther va être traité comme un événement médiatique à part entière par Reginald Hudlin (1961-) et prendre tous les aspects d’un mariage réel : couverture par la chaîne de télévision Black Entertainment Group dont Hudlin est le président à l’époque, conférence de presse organisée par Marvel en compagnie de l’écrivain Eric Jérôme Dickey (1961-2021), robe de mariage conçue par le costumier Shawn Dudley-Reeves (19..-). Symétriquement, des personnalités comme Oprah Winfrey (1954-), Nelson Mandela (1918-2013) et Georges W. Bush (1946-) sont insérés dans l’épisode du mariage brouillant un peu plus les frontières entre réalité et comics. Storm et Black Panther renvoient ainsi l’image du premier Power Couple africain- américain de l’histoire du comics de Superhéros au moment où Jay-z (1969-) se lie à Beyoncé Knowles (1981-) et où Michele (1964-) et Barrack Obama (1961-) commencent à se faire connaître du monde entier.

Le mariage du siècle

Black Panther’s Black Gutter : Si le caniveau (gutter en anglais) blanc, c’est-à-dire l’espace entre les cases dans une bande dessinée, charrie l’idée d’un espace vierge à conquérir, qui constitue une fiction coloniale, le caniveau noirci de Reginald Hudlin (1961-) et John Romita Jr. (1956-) transmet le message d’un territoire déjà habité et qui est fermé à la colonisation. Les scènes de tentatives d’invasion du Wakanda qui ouvrent la série de Hudlin renforcent cette idée : avancées technologiques et supériorité stratégique aidant, le Black Panther du 19ème siècle déjoue la redoutable mitrailleuse Gatling, l’une des armes automatiques avec la Maxim Gun historiquement utilisée en Afrique pour annihiler les résistances autochtones, et avec elle toute tentative de colonisation du Wakanda. Là où les nouvelles armes automatiques permettaient à une poignée d’homme de neutraliser un grand nombre d’opposants, ici le rapport de force est inversé.  Durant sa tenue de la série entre 2005 et 2010, Hudlin, s’essayant à une approche plus radicale et nationaliste du personnage, va multiplier les clins d’œil à l’iconographie du Black Panther Party pour revendiquer un Black Panther aux antipodes de celui voulu par Stan Lee (1922-2018) à sa création.

Black Panther’s Black Gutter

Ceci n’est pas un Super Héros : Si le personnage a déjà été solidement construit par différents auteurs depuis le milieu des années 70 jusqu’à la fin des années 90, ces 25 dernières années ont joué un rôle crucial dans le développement et la popularité de Black Panther.  Les quatre auteurs africains-américains successivement à l’écriture de la série à partir de 1998, dans l’ordre Christopher Priest (1961-), Reginald Hudlin (1961-), Ta Nehisi Coates (1975-) et John Ridley (1965-) ont redéfinis le personnage, chacun en bâtissant sur le précèdent et en s’appropriant et développant tel ou tel aspect. Si Priest choisit de définir le personnage au travers des yeux de l’agent du renseignement américain Everett K. Ross et toucher ainsi un public plus large, Reginald Hudlin, redéfinit Black Panther comme farouchement nationaliste et vise principalement le lectorat africain-américain en abordant des sujets comme les violences policières, la reconstruction de la Nouvelle Orléans post-Katrina ou la résistance du Wakanda face aux ex-puissances coloniales, lorsque Ta Nehisi Coates met l’accent sur l’importance des personnages féminins dans le monde du Wakanda tout en questionnant le statut de roi de T’Challa en le confrontant à une crise démocratique au Wakanda.  A l’instigation de Coates, des séries autour de l’univers du Wakanda vont privilégier les plumes féminines et permettre à des autrices africaines américaines comme Nnedi Okorafor (1974-), Yona Harvey (1974-) ou Roxanne Gay (1974-), d’approfondir des personnages comme Shuri ou la Dora Milaje, garde personnelle de T’Challa, Okoye. Parce qu’il est Africain, situation pourtant voulue au départ par Stan Lee pour éviter d’évoquer directement la question des Droits Civiques, Black Panther a toujours échappé au paradoxe du super héros africain-américain de devoir servir un système qui le considère comme un citoyen de seconde classe. Plus qu’un super héros américain traditionnel défini par un traumatisme d’origine et un attachement démesuré à la justice américaine, Black Panther est désormais une figure émancipatrice guidée par la Raison d’état du Wakanda, plus tant un super héros qu’un chef d’Etat portant le costume cérémoniel qui symbolise son pouvoir et sa charge.

Ceci n’est pas un Super Héros

Transmédialité : Des poupées utilisées par les psychologues Mamie Phips (1917-1983) et Kenneth Clark (1914-2005) dans leurs travaux sur l’image de soi des enfants africains-américains aux poupées « ethniquement correctes » vendues par Shindana Toys dans les années 70 dont la conception servira d’inspiration à Mattel plus tard pour ses Barbies de couleur, en passant par Patti-Jo, la figurine adaptée du comics de Jackie Ormes (1911-1985) et  la poupée «  anthropologiquement correcte » Saralee conçue par l’artiste Sheila Burlingame (1894-1969) et validée par l’anthropologue Zora Neale Hurston (1891-1960) à la fin des années 40, la poupée de couleur tient une place de choix dans l’histoire des jouets en général et l’histoire des Africains-Américains en particulier. Que les enfants africains-américains puissent jouer avec des poupées qui leur ressemblent est une idée défendue depuis au moins le début du XXe siècle. La multiplication des figurines articulées, réinscription masculine de la poupée inaugurée en 1964 par la série de jouets Gi Joe, se basant sur des superhéros de comics préexistant à partir du milieu des années 70 n’a pas pour autant favorisé plus de diversité au sein des collections commercialisées, The Falcon restant durant des années le seul personnage décliné en jouet. Constat bien assimilé par l’entrepreneuse Yla Eason (19..-) lorsqu’elle créée en 1985 la société Olmec Toys et la ligne de figurines Rulers of the Sun, aux formes inspirées par les Maîtres de l’Univers de Mattel et dont le héros principal, Sun Man, tire ses pouvoirs de la couleur de sa peau. C’est seulement ces dix dernières années, le succès des différents univers cinématiques sur petit et grand écran aidant, ajouté à l’adaptabilité naturelle du super héros de comics en jouets attrayants stimulant l’imagination, que l’on a vu se multiplier les figurines modélisant des super héros africains américains prêts à jouer le rôle d’avatars dans les pratiques ludiques des enfants.

Transmédialité

Liste des comics exposés dans le 1er panneau de la façade sud : Christopher J. Priest (1961-), Sal Veluto (1956-), Jorge Lucas (1963-) : Black Panther (Vol.3) #43 et #46, 2002, États-Unis, Papier/N-Z-115590 et N-Z-115591 ; Ta-Nehisi Coates (1975-), Daniel Acuna (1974-), Paolo Rivera (1981-), Ryan Benjamin (1971-) : Black Panther (Vol.7) #5, #9, 2018-2019, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; John Ridley (1965-), German Peralta (19..-), Alex Ross (1970-) : Black Panther (Vol.9) #9, #10, 2022, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Reginald Hudlin (1961-), Scot Eaton (19..-), Gary Frank (1969-), Mike Deodato Jr. (1963-) : Black Panther (Vol.4) #10, #12, 2006, États-Unis, Papier/N-Z-115592, N-Z-115593 ; Reginald Hudlin (1961-), John Romita Jr. (1956-), Esad Ribic (1972-) : Black Panther (vol.4) #1 et #2, 2005, États-Unis, Papier : N-Z-115594 et N-Z-115595 ; Reginald Hudlin (1961-), Salvador Larocca (1964-), CAFU (1984-) : Black Panther (Vol.4) #34, 2008, États-Unis, Papier/N-Z-115596 ; Reginald Hudlin (1961-), Larry Stroman (1961-), Juan Doe (19..-) : Black Panther Annual, 2008, États-Unis, Papier/N-Z-115597 ; Stéphanie Williams (19..-), Ho Che Anderson (1969-), Sean Hill (19..-), Mateus Manhanini ( 19..-) : Wakanda #1, #3, #5, 2022-2023, États-Unis, Papier/N-Z-115598 à N-Z-115600 ; Ta-Nehisi Coates (1975-), Roxanne Gay (1974-), Yona Harvey (1974-), Alitha E. Martinez (19..-), Afua Richardson (1980-) : World of Wakanda Vol. 1 #1, 2016, États-Unis, Papier/Collection particulière ; Nnedi Okorafor (1974-), Leonardo Romero (19..-), Sam Pratt (19..-) : Shuri #3, #5, 2019, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Murewa Ayodele (1994-), Juni Ba (1992-), Dotun Akande ( ?-), Ken Lashley (19..-) : Marvel Voices Wakanda Forever #1, 2023, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Eric Jerome Dickey (1961-2021), David Yardin ( 19..-), Mike Mayhew (1969-) : Storm, 2007, États-Unis, Papier/N-A-051967 ; Figurine Storm X-Men ’97, 2023, États-Unis, Carton, PVC/Collection Particulière ; Figurine Black Panther, T’Challa, 2023, Hong Kong, PVC, Tissus, Polyester/Collection Particulière ; Figurine Black Panther, T’Chaka, 2018, Hong Kong, PVC, Tissus, Polyester/Collection Particulière ; Figurine Masters of the Universe/Sun-Man, 2021, États-Unis, Carton, PVC/Collection Particulière ; Figurine Green Lantern/John Stewart, 2022, États-Unis, PVC, Carton/Collection Particulière ; Figurine The Falcon, 2022, États-Unis, PVC, Carton/Collection Particulière

Liste des comics exposés dans le 1er panneau (de la façade sud)

2e panneau : I Heard It Through The Blackvine

Super POTUS : L’utilisation du comics à des fins politiques est au moins aussi vieille que le medium lui-même. A l’élection de Barrack Obama (1961-) en 2008, la figure du chef d’état Superhéros, qui attribue des pouvoirs extraordinaires au président et par extension à la nation qu’il représente, fait déjà partie intégrante de la culture populaire.  L’éloquence d’Obama, sa capacité supposée à accomplir l’impossible en tant que premier président africain-américain des Etats-Unis, son physique athlétique souvent objectivé dans les médias et son statut de collectionneur de Comics renforcent cette image. Concurrençant Spiderman, devenant Spiderman lui-même en inspirant Miles Morales à Brian Bendis(1967-) et Sara Pichelli (1983-), représenté en superhéros par Alex Ross (1970-), le geste familier rappelant celui de Clark Kent alias Superman, et réincarné par Grant Morrison (1960-) dans la personnalité de Calvin Ellis, Kryptonien originaire de l’île de Vathlo et président des Etats-Unis sur Terre-23, Super Obama confirme l’idée que politique et culture populaire aux Etats-Unis ne font qu’un et que les polarités politiques de même que les antagonismes sur la scène géopolitique internationale peuvent être  perçues au travers du prisme d’une narration de Comics opposant Héros et Vilains.

Super POTUS

The Truth : Exemple de Retcon replaçant les Africains-Américains de manière plausible au cœur de l’Âge d’or des Superhéros traditionnels, Truth : Red, White and Black de Roberto Morales (1959-2013) et Kyle Baker (1965-) reconsidère l’origine de Captain America et les motifs propres aux récits d’origine de superhéros en explorant l’idéologie eugéniste prévalente dans le récit original et en la recontextualisant à l’aune de la ségrégation raciale et de moments traumatiques (l’histoire de la médecine racialiste et l’expérience de l’institut Tuskegee sur la Syphilis (1932-1972) en tête) ou déterminant (la campagne VV, victoire sur le front et victoire à la maison, moment clef du combat des vétérans africains-américains de la seconde guerre mondiale pour les droits civiques et la reconnaissance de leur citoyenneté) de l’Histoire africaine-américaine. Morales et Baker créent ainsi Isaiah Bradley, le premier Captain America, cobaye involontaire de l’expérience du super-soldat, et sans lequel Steve Rogers alias Captain America n’existerait pas.  Cette réécriture controversée du mythe nationaliste américain qu’est Captain America dans l’Histoire africaine-américaine a été extrêmement critiquée à sa publication mais d’autres auteurs se sont empressés de canoniser Isaiah Bradley et son fils Josiah X en les intégrant dans Black Panther (Reginald Hudlin) et The Crew (Christopher Priest).

The Truth

L’Histoire cachée de DC Comics :  L’écrivain John Ridley (1964-) revisite dans The other history of the DC Universe les principaux superhéros africains-américains introduits par DC comics (Black Lightning, Mal Duncan, Bumblebee et Thunder) au fil des années, en leur inventant une intériorité et un point de vue qui leur était renié dans les œuvres originelles. Ses histoires autour des frustrations et espoirs de ces héros confrontés à des figures comme Superman ou Batman, ouvrent ainsi de nouvelles perspectives sur ce qu’est être un super héros africain-américain et agissent comme un commentaire sur l’histoire éditoriale de DC et le traitement de ses rares superhéros de couleur dans les années 70 et 80.

L’Histoire cachée de DC Comics

Révisions : Quatre séries vont permettre au scénariste David F. Walker (1968-) de revisiter visuellement et narrativement les super héros africains-américains les plus importants de l’histoire du comics. Dans NightHawk, dont le protagoniste principal est aux prises avec un meurtrier décidé à venger les torts causés à la communauté africaine-américaine de Chicago, Walker questionne la position du superhéros africain-américain vis-à-vis de la police et de la justice, tout en mettant en perspective la violence expéditive du vigilant masqué. Si Power Man & Iron Fist redéfinit la relation entre Luke Cage et Danny Rand, la série Cage investit le personnage de Power Man en l’alignant sur la continuité rétroactive introduite par Truth et son histoire d’abus médicaux, tout en bâtissant sur les changements effectués par Brian Michael Bendis (1967-) sur le personnage, de son mariage avec la super-héroïne Jessica Jones à son changement de look en passant par sa paternité et capitaliser sur la sobriété nouvelle d’un protagoniste qui ne ressemble plus à la caricature d’un héros Blaxploitation mais est dorénavant l’un des rares super héros Marvel à pouvoir se passer de costume tout en restant identifiable. Cyborg voit quant à lui dans sa série éponyme ses pouvoirs étendus au contrôle de la plasticité de son corps là où la fixité de son apparence et les frustrations qui y étaient liées étaient une partie importante de sa personnalité.

Révisions

Le Juge Masqué : L’expression Hooded Justice, traduite par Juge Masqué, utilisée en 1940 par l’écrivain et journaliste américain Sterling North (1906-1974) dans son article à charge contre les comics « A National Disgrace », témoignait de l’antipathie de l’écrivain à l’égard de la justice expéditive des superhéros et à l’égard des comics en général. C’est avec cette idée en tête qu’Alan Moore (1953-) et Dave Gibbons (1949-) créent un personnage éponyme dans le comics Watchmen publié entre 1986 et 1987, dont le costume laisse transpirer les idéaux suprémacistes et sa parenté avec le Ku Klux Klan. Darwyn Cook (1962-2016) va inverser ce motif dans son comics DC : The New Frontier en 2004 avec sa version du personnage de Steel, vengeur masqué rescapé d’un lynchage manqué. Dans la série Watchmen produite pour HBO en 2019, Hooded Justice est également un Africain-Américain nommé Will Reeves, joué par les acteurs Lou Gossett Jr. (1936-2024) et Jovan Adepo (1988-) mais porte le contour des yeux blanchis, double masque et manière de signifier l’impossibilité d’un superhéros de couleur dans les années 40. En portant les attributs particuliers que sont la cagoule et la corde, ces superhéros affichent sur leur persona héroïque l’événement traumatique à l’origine de leur transformation.

Le Juge Masqué

Liste des Comics exposés dans le 2e panneau (de la façade sud) :

Robert Morales (1959-2013), Kyle Baker (1965-) : Truth : Red, White and Black #1-#7, 2002-2003, États-Unis, Papier/N-Z-115601 à N-Z-115607 ; John Ridley (1964-), Giuseppe Camuncoli (1975-), Andrea Cucchi (1993-) : The Other History of the DC Universe #1, #2, #5, 2021, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Christopher J. Priest (1961-), William Bennet (19..-), JH Williams III (1965-) : The Crew #1-#7, 2003-2004, États-Unis, Papier/N-Z-115608 à N-Z-115614 ; Brian Michael Bendis (1967-), David Marquez (19..-) : Miles Morales Ultimate Spiderman #1, 2014, États-Unis, Papier/N-Z-115615 ; Alex Ross (1970-) : Wizard #210, 2009, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Grant Morrison (1960-), Gene Ha (1969-) : Action Comics #9, 2009, États-Unis, Papier/N-Z-115616 ; Mark Waid (1962-), Barry Kitson ( ?-), Phil Jimenez (1970-) : Amazing Spiderman #583, 2009, États-Unis/N-Z-115617 ; David F. Walker (1968-), Guillermo Sana Bauza ( 19..-), Rahzzah ( 19..-) : Luke Cage #4, 2017, États-Unis, Papier/N-Z-115618 ; David F. Walker (1968-), Ivan Reis (1976-) : Cyborg #1 et #3, 2015, États-Unis, Papier/N-Z-115620 ; David F. Walker (1968-), Ramon Villalobos (1987-), Denys Cowan (1961-) : NightHawk #2, 2016, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; David F. Walker (1968-), Sanford Greene (1972-) : Power Man & Iron Fist (Vol.3) #15, 2017, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Vita Ayala (1985-), ChrisCross (1968-), Nikolas Draper-Ivey (1991-) : Static Season One #3, 2021, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Reginald Hudlin (1961-), Leon Chills (19..-), Doug Braithwaite (1950-) : Icon & Rocket Season One #3, 2021, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Chuck Brown (1976-), Valentine de Leandro (19..-) : Black Manta #1, 2021, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Reginald Hudlin (1961-), Steven Barnes (1952-), ChisCross (1968-) : Milestones in History #1, 2022, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Brandon Thomas (19..-), Denys Cowan (1961-), Bill Sienkiewicz (1958-), Mateus Manhanini ( ?-) : Hardware Season One #3, 2022, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Reginald Hudlin (1961-), Denys Cowan (1961-), Ryan Benjamin (1971-) : Black Racer #1, 2017, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Figurine Black Panther, T’Chaka, 2018, Hong Kong, PVC, Tissus, Polyester/Collection Particulière ; Figurine Black Panther, T’Challa, 2023, Hong Kong, PVC, Tissus, Polyester/Collection Particulière ; Figurine Storm X-Men ’97, 2023, États-Unis, Carton, PVC/Collection Particulière ; Figurine Masters of the Universe/Sun-Man, 2021, États-Unis, Carton, PVC/Collection Particulière ; Figurine Green Lantern, John Stewart, 2022, États-Unis, PVC, Carton/Collection Particulière ; Figurine The Falcon, 2022, États-Unis, PVC, Carton/Collection Particulière ; Alan Moore (1953-), Dave Gibbons (1949-) : Watchmen #3, 2020, France, Papier, Carton/BD EUR MOO Vol.3 ; Trent Reznor (1965-), Atticus Ross (1968-) : Watchmen (Music From the HBO Series), Vol. 2, 2019, États-Unis, Carton, PVC/Collection Particulière ; Darwyn Cook (1962-2016) : DC : The New Frontier #3, 2004, États-Unis, Papier, Collection Particulière.

Liste des Comics exposés dans le 2e panneau (de la façade sud)

3e panneau : A Seat At The Table

A Seat at the Table

A Seat at the Table :   L’émergence de plus de diversité dans les comics de superhéros ces dix dernières années et qui a impliqué un nombre croissant d’autrices africaines-américaines travaillant sur des super-héroïnes de couleur, anciennes comme Photon, Nubia et Vixen ou nouvelles comme Sojourner Mullein, Iron Heart et Bloodline, s’est accompagné d’une forte résistance de la part d’une communauté de fans qui se voient traditionnellement comme les gardiens d’un bastion artificiellement construit durant des années comme typiquement masculin et blanc.  La reconnaissance relative par les éditeurs de comics grand public du rôle accru des Africaines-Américaines en tant que productrices et consommatrices de représentations féminines positives a permis de tempérer ces pressions systémiques qui ont limité ces représentations durant de nombreuses années. Ces Images positives de super-héroïnes sont devenues des outils d’autonomisation qui ont le pouvoir de démanteler les stéréotypes traditionnellement affectés aux Africaines-Américaines. Signe du changement engagé par un éditeur comme Marvel Comics et alors que la série principale consacrée à Black Panther a toujours été scénarisée par des hommes, c’est l’autrice et sociologue Eve L. Ewing (1986-) qui a la charge de scénariser le personnage depuis 2023.

A Seat at the Table

Liste des Comics exposés (dans le 3e panneau de la façade sud) : Eve L. Ewing (1986-), Luca Maresca (1983-) : Photon #1-5, 2022-2023, États-Unis, Papier, N-Z-115622 à N-Z-115626 ; Stéphanie Williams (19..-), Vita Ayala (1985-), Alitha Martinez (19..-), Mateus Manhanini (19..-), Juliet Nneka (19..-), Britney L. Williams (1989-) : Nubia and the Justice League Special #1, Nubia, Queen of the Amazons #2, Nubia and the Amazons#2, 2022- 2023, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Chuck Brown (1976-), Keron Grant (1976-) : Titans Beast : World Waller Rising #1, 2024, États-Unis, Papier, Collection Particulière ; N.K. Jemisin (1972-), Jamal Campbell (1992-) : Far Sector #3, 2020, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; G. Willow Wilson (1982-), CAFU (1984-), Joshua Middleton (19..-) : Vixen : Return of the Lion (Vol.1) #1-#5, 2009, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Jordan Ifueko (1993-), Alba Glez (1990-), Peach Momoko ( ?-) : Moon Girl and Devil Dinosaur #1, 2022, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; David F. Walker (1968-), Brian M. Bendis (1967-), Jamal Campbell (1992-) : Naomi Season 2 #5, 2022, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Eve L. Ewing (1986-), Bob Quinn (19..-), Ernanda Souza (19..-) : Champions (Vol.4) #4, 2021, États-Unis, Papier/Collection Particulière ; Danny Lore (19..-), Karen Darboe (19..-), Maria Wolf Lopez (19..-) : Bloodline, Daughter of Blade #1, 2023, États-Unis, Papier, Collection Particulière ; Mohale Mashigo (1983-), Christopher Allen (1972-), Natacha Bustos (1981-) : Marvel’s Voices : Legacy #1, 2021, États-Unis, Papier/Collection Particulière.

Liste des Comics exposés (dans le 3e panneau de la façade sud)