Julie Gough

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The Search

Trawuta, Haunted - The Search © Julie Gough, musée du quai Branly – Jacques Chirac

Prix pour la photographie 2024

"The Search prolonge et développe mes processus de recherche-création, mes enquêtes et mes projets artistiques. À travers une recherche immersive et investigatrice, associée à une pensée et une pratique créatives, je m’attache à démêler et à re-présenter des histoires coloniales, en particulier celles qui concernent les peuples aborigènes de Tasmanie. Ce travail entretient un lien direct avec les pratiques de collecte muséale et les collections.

Le « Musée » cristallise la confusion née des collisions interculturelles et des déséquilibres de pouvoir qui se perpétuent au-delà de ses murs. Il s’agit d’un territoire dense et obscur, qui requiert une mobilisation collective — un engagement total — afin de repenser activement et de redessiner de nouvelles manières de naviguer dans ces espaces et de les exprimer. Inviter au sein du musée des perspectives et des expériences absentes, créer un espace d’accueil et ouvrir de nouveaux terrains au-delà de la simple administration, vers des imaginaires concrets, est fondamental.
Faire entrer des artistes dans ces institutions, en particulier lorsqu’ils viennent de cultures autres que celle du pays d’accueil, exige introspection, courage et confiance, ainsi qu’une foi dans la collaboration comme voie d’avenir. La recherche est continue ; le travail consiste à tenter de donner sens à la confusion et au désordre que nous avons hérités.

Dans cet esprit, The Search témoigne de ma détermination constante à rechercher et à répondre à la présence de mes objets culturels ancestraux au sein de collections muséales agrégées, y compris la documentation photographique qui les accompagne et qui est conservée dans diverses institutions. Dans un monde en grande partie clos et opaque, où l’information, les matériaux et l’accès sont retenus ou effacés, je travaille comme une détective. C’est sans doute la perspective de la majorité des peuples autochtones dont la culture a été — et demeure — colonisée. Ma méthode consiste à regarder partout : autour, derrière, en dessous, à traquer ce qui est dissimulé, afin d’identifier, de nommer et de situer ce qui est invisible, manquant ou déformé.

Les séries d’œuvres constituant le projet The Search trouvent leur origine dans des moments photographiés en France, à travers l’Europe et le Royaume-Uni. Les trois composantes finales, réalisées entre mars et juin 2025, sont The Journey, The Missing et Haunted. Elles peuvent être réunies en un triptyque, présenté dans une même exposition, ou installées séparément pour être rencontrées de manière autonome."

Julie Gough

 

Julie Gough

© Lucy Parakhina

Australie

Julie Gough est une artiste et chercheuse qui vit à Hobart, en Tasmanie. Ses recherches et sa pratique artistique pluridisciplinaire se concentrent souvent sur la récupération et la retranscription d’histoires subsumées et conflictuelles de Lutruwita/Tasmanie, certaines relatant les expériences de sa famille aborigène de Tasmanie – la famille Briggs-Johnson-Gower de Gough vit dans la région de Latrobe en Tasmanie depuis les années 1840. Son travail actuel en matière d’installation, de photographie, de vidéo et de son est une occasion d’explorer l’éphémère, l’absence et la récurrence.

D’abord diplômée en préhistoire et en littérature anglaise (BA, University of West Australia, 1986), elle confirme son intérêt pour la recherche archivistique, sur le terrain, ainsi que pour la création artistique avant de débuter des études d’art en 1991 et d’obtenir un doctorat en arts visuels à l’université de Tasmanie en 2001. Julie Gough travaille au Tasmanian Museum and Art Gallery, Nipaluna/Hobart, en tant que conservatrice de l’art et de la culture des Premiers Peuples depuis 2018. Elle a été commissaire de Taypani milaythina-tu - Return to Country au TMAG en 2022 / 2023, de TESTING GROUND au Salamanca Arts Centre à Hobart en 2013 (en tournée), co-commissaire de INSIDE : Life in Children’s Homes au National Museum of Australia en 2011 (en tournée), commissaire de Tayenebe - Tasmanian Aboriginal women’s fibre work au TMAG en 2009 et de The Haunted and the Bad à Linden Gallery à St Kilda en 2008.

Elle a auparavant été chargée de cours en arts créatifs à l’université James Cook de Townsville (2005-2006), conservatrice en art indigène à la National Gallery of Victoria (2002-2004), chargée de cours en études aborigènes à Riawunna, au Centre d’études aborigènes de l’université de Tasmanie (2002-2003) et chargée d’interprétation en culture aborigène à PWS (Tasmanie) (2000-2001). Depuis 1993, Julie Gough a participé à plus de 200 expositions, dont 187 collectives et 29 individuelles.