Les coiffes cérémonielles de Nouvelle-Guinée occidentale présentées dans cette nouvelle vitrine évoquent les relations qui unissent les Marind à leurs ancêtres, à leur environnement et aux êtres qui peuplent leur univers mythique. Réalisées dans le cadre d'un renouveau rituel, ces coiffes témoignent de la vitalité d'un patrimoine longtemps empêché par les interdits missionnaires et coloniaux.

Coiffes dema
Contenu
Exposé en continu depuis l’ouverture du musée en 2006, le masque de l’île de Nouvelle-Bretagne (N°72.1973.1.1), présenté à l’origine dans cette vitrine a été retiré pour des raison de conservation. Réalisé à partir de matériaux organiques fragiles (moelle végétale, pigments naturels, fibres et plumes), il est particulièrement sensible à une exposition prolongée à la lumière et sa structure est fragile.
Les coiffes Dema, qui le remplacent depuis ce mois de juillet 2026, ont été présentées au public pour la dernière fois en 1999, au musée national des arts d'Afrique et d'Océanie peu après leur acquisition (voir le livret d'exposition consultable à la médiathèque). Conservées en réserves entièrement démontées, les coiffes Dema désormais visibles ont fait l’objet d’un travail minutieux de restauration, puis de remontage et de soclage, à l’appui d’une documentation détaillée associée à ces objets.
Coiffes dema
Les cycles rituels mayo, imo et sosom permettaient la transmission des savoirs et savoir-faire au sein des groupes Marind. Organisés de jour comme de nuit sur plusieurs mois, ces cycles mobilisaient la présence d’entités surnaturelles ou dema : héros mythiques, animaux et végétaux emblèmes de clans etc., qui s’incarnaient dans les porteurs de coiffes et leurs parures spectaculaires.
Les deux ensembles exposés ici témoignent d’un renouveau en 1996 de ces pratiques cérémonielles. Un réveil des mémoires qui s’étaient tues pendant plus de soixante-dix ans, du fait des interdits imposés par l’administration coloniale néerlandaise établie dans la région en 1902.
La région devenue province indonésienne depuis 1963 est aujourd’hui marquée par des enjeux environnementaux majeurs liés au développement de monoculture de palmier à huile, qui bouleverse la vie localement tout comme les pratiques culturelles.
La vitrine en images
Cartels détaillés
Coiffe dema yano saham (wallaby)
Le dema du wallaby, héros hybride qui peut se métamorphoser en humain, participe des rituels mayo qui célèbrent la création, la vie, le soleil par opposition au cycle rituel imo, associé à la mort et à l’obscurité. Cette dualité du monde régit l’ensemble de la société Marind, organisée en clans et moitiés, entre espaces sauvages libres et territoires domestiqués ou exploités, entre communautés locales et populations immigrées issues de la colonisation néerlandaise puis indonésienne.
- Artistes non identifiés
- Population Marind
- Clan Samkakai, sous-clan Alap-Rek Indonésie, côte sud de la Nouvelle-Guinée occidentale, région d’Okaba 1996
- infrabase de palmier sagoutier, graines, plumes, coquillages, pigments naturels, bois et fibres
- 72.1998.3.3.1-20
Coiffe dema whal ndik (cigogne blanche)
Le dema de la cigogne blanche était lié par le passé aux initiations des garçons.
Tout comme pour le wallaby, les relations d’alliances entre ces non-humains – animaux, plantes – et les humains, qui se traduisent par une communauté de vie et par une protection de ces espèces et de leur environnement, sont fondamentales pour les Marind. Aujourd’hui, ces relations sont fortement menacées par les exploitations d’huile de palme. Cette monoculture imposée dans la région, qui va à l’encontre des pratiques horticoles locales, cause un appauvrissement des ressources et un accroissement des maladies.
- Artistes non identifiés
- Population Marind
- Clan Kaise, sous-clan Wonatai-Rek Indonésie, côte sud de la Nouvelle-Guinée occidentale, région d’Okaba 1996
- infrabase de palmier sagoutier, graines, plumes, coquillages, pigments naturels, bois et fibres
- 72.1998.3.12.1-17
Page créée et mise à jour le 22 juillet 2026