Le Mbari Club, un espace de création transnationale au Nigeria
Du 2 juillet au 12 octobre 2026
À la veille de l’indépendance du Nigeria en 1960, la création est un outil politique et transnational pour les écrivains et artistes. Créée en 1957 par le linguiste d’origine allemande Ulli Beier, la revue Black Orpheus s’impose rapidement comme un organe de diffusion et de reconnaissance pour une nouvelle génération d’écrivains africains anglophones, parmi lesquels Chinua Achebe et Wole Soyinka.
Ulli Beier et son épouse Susanne Wenger cultivent avec les écrivains Ezekiel (Es’kia) Mphahlele et Chinua Achebe l’idée d’un lieu au Nigeria dédié à la création et aux débats culturels. En 1961, ils créent à Ibadan un club d’écrivains et d’artistes, nommé Mbari. En langue igbo, « Mbari » renvoie à la notion de création. Doté d’une cour ouverte, d’un bar et d’un restaurant, le Mbari est un espace pluridisciplinaire où se tiennent concerts, danses, débats, expositions et représentations théâtrales.
Le Mbari Club se distingue par son ouverture internationale : il invite des artistes du Nigeria, mais aussi d’autres pays africains, d’Europe et des États-Unis. En 1962, le dramaturge nigerian Duro Ladipo fonde avec Ulli Beier le Mbari Mbayo Club dans la ville d’Osogbo, contribuant à l’émergence d’une scène artistique locale particulièrement dynamique. Cette effervescence est encouragée par Ulli Beier. Ses épouses successives, Susanne Wenger et Georgina Beier, jouent également un rôle essentiel dans la formation et la reconnaissance des artistes d’Osogbo.
En rassemblant œuvres, archives, ouvrages et revues conservés au musée du quai Branly – Jacques Chirac, cette présentation met l’accent sur la richesse des échanges intellectuels et artistiques qui traversent alors le continent africain et s’étendent bien au delà, faisant du Mbari un lieu emblématique de la modernité culturelle nigériane et panafricaine.
